A mes débuts à la mouche, les insectes terrestres n’avaient pas de secret pour la plupart des pêcheurs . Depuis leur plus tendre enfance ils sont habitués à les côtoyer, il n’en est pas de même pour les insectes aquatiques à part les traine- bûches, porte-bois, qui sont une exception, car très faciles à connaitre, étant gosse qui n’a pas soulevé les pierres dans le lit d’une rivière à la recherche de ces insectes, prénommés suivant les régions, goitres en Savoie, vers d’eau en Franche-Comté, vermisseaux ou azeroles en Bourgogne, casers dans d’autres régions, la liste est longue, je m’arrêterai là.

Revenant aux insectes aquatiques!!! Avant dans le petit cercle des pêcheurs à la mouche du bassin annécien, on ignorait le comportement et la forme de ces insectes , le peu de moucheurs avertis de cette époque étaient plutôt avares sur le sujet, on se transmettait les mouches entre nous, c’était des araignées avec des corps en soie de toute les couleurs cerclés d’un fil noir, jaune, ou doré, avec des cerques ou pas, collerettes plus ou moins fournies, roux, gris et noir, hackles de très mauvaise qualité( coqs indiens )

Chaque mouche avait le nom de son concepteur il y avait la guêpe à Roger, la guêpe à Lionel, la lie de vin à Gravillon, la dédé etc…Deux types, noyée ou sèche, le plus grand fournisseur étant manufrance, à part une certaine élite se fournissant chez Pezon et Michel, pour les classes populaires dont je faisais partie c’était la galère, ça n’empêchait pas de prendre des truites.

A force de côtoyer les rivières et l’observation des éclosions, je suis arrivé à la conclusion qu’il fallait creuser davantage le sujet et faire des imitations le plus ressemblant possible, surtout l’aspect général. Depuis retournant les galets, j’ai cherché à connaitre l’évolution de leur vie depuis la larve jusqu’à l’insecte parfait. Sur un petit carnet j’ai croqué en hâte leur silhouette et noté leurs comportements, j’ai cherché dans la littérature, qui était assez rare à l’époque, les connaissances nécessaires à mes recherches, heureusement pour moi un jeune a monté un magasin de pêche, spécialisé dans la pêche à la mouche, en plus a donné des cours de lancers dans le boulodrome d’Annecy, c’est là qu’a commencé mes progrès sur la question j’ai pu avoir les ouvrages et le matériel de pêche plus performant, le boum de l’évolution de la mouche dans la région annécienne est sans conteste dû à Bernard Maillet .

De l’observation des insectes aquatiques j’en ai tiré beaucoup d’enseignements, tout d’abord l’idée fausse qu’à la pleine lune les truite mangent la nuit, car elles voient clair. Bien sur qu’elles mangent la nuit !!!, mais pourquoi?. Parce que les larves tournent autour des galets, elles se baladent sur les graviers au fond, et deviennent des proies faciles. L’influence de la lune est certaine, j’ai remarqué ce phénomène maintes fois, et dans d’autres circonstances, il n’y a pas d’activité sur les galets!!!!

Pour conclure, il est indispensable de savoir en gros les mœurs des insectes aquatiques, surtout dans nos rivières savoyardes, pour monter les bonnes imitations lors de nos séances de montages, des ouvrages sont là pour ça!!!! et surtout d’éviter de pêcher faux sur le terrain.

Lionel Arnaud

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