Poisson de surface pendant la belle saison, le chevesne, petit ou grand, monte très bien à la mouche, surtout au moment où le soleil se couche.
Le chevesne est beaucoup plus difficile à faire gober l’artificielle que la truite, sa méfiance étant plus développée que celle d’autres poissons.
Le chevesne monte à la mouche sans se presser, comme il se tient dans les courants pas trop vifs, il a tout le temps, avant de gober l’artificielle, de l’examiner dans tous ses détails. Les pêcheurs de truites pourront prendre leur pied avec le chevesne en sèche, car c’est la même pêche, de plus la rareté de celle-ci nous oblige, à assouvir notre passion sur d’autre poissons!!!
Il y a des chevesnes qui gobent à poste fixe. Ce sont ceux qui se tiennent dans les herbiers, cachés dans la verdure et qui sortent de leur poste pour gober un insecte passant à leur portée, mais à part ce cas que l’on peut traiter en mouche dérivante, on capture ces poissons à la mouche sèche en pêchant l’eau dans son ensemble, ou à la surprise.
On peut pêcher l’eau après avoir repéré quelques poissons, l’astuce est de les surprendre dans leurs lieux de prédilection. Sous les arbres au bord des rives.Il faut lancer loin ou s’approcher de la rivière en se dissimulant le plus possible, car pêcheur vu, chevesne bec cloué, même s’il ne se sauve pas.
Pour pêcher loin il convient d’avoir une canne longue 9 pieds et demie à 10 pieds, soie de 4 à 5, bas de ligne comme la pêche à la truite.
Quant aux mouches pour pêcher ce poisson, en sèche, elles doivent être très fournies en plumes. Les artificielles qui flottent le mieux seront les meilleures de couleur fauve.
Lorsqu’on a repéré un chevesne entrain de gober, il n’y a pas lieu, si l’eau n’est pas vive , d’exécuter une dérive savante pour le joindre avec la mouche. Il suffit, pour que le poisson monte à l’artificielle, de la lui présenter dans un périmètre restreint, si elle l’intéresse, il viendra la cueillir au ralenti. Encore un truc pour le surprendre, lorsque vous voyez un chevesne dans un courant en activité ou paressant , il suffit de plaquer l’artificielle derrière lui, il se retourne et prend celle-ci immédiatement par réflexe (1), un autre cas de figure dans un groupe de plusieurs, faites jouer la concurrence!!! lancer la mouche entre 2 individus, l’un d’eux prendra prestement l’imitation, avant l’autre…. Lors du ferrage, il possède une rapidité pour recracher l’artificielle quand il s’aperçoit que ce n’est pas du  » vrai de vrai « . Pour faciliter le ferrage, il est nécessaire d’être toujours en contact le fil tendu, et ferrer instantanément.
Pour cette pêche, le bas de ligne ne doit pas être graissé sur 50 à 1mètre de la mouche suivant le cours d’eau, car ce poisson, assez rusé, voit le fil, il faut que le bas de ligne soit émergé pour échapper à sa méfiance, seule l’artificielle doit être flottante, d’où sa fabrication très fournie en plumes!
Que de souvenirs de mes parties de pêche en Bourgogne, sur l’Arroux avec mon cousin, bon moucheur, C’est là que j’ai fait mes premières armes, pour pêcher le chevesne et tous les « trucs » que mon cousin m’a enseigné, pour déjouer la ruse de ce beau poisson, que ce soit sur l’Arconce dans le Brionnais, dans le Doub ou les Usses plus près , j’ai fait de beaux paniers, moi pêcheur de truites, j’y ai trouvé un immense plaisir.

LIONEL ARNAUD

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