Par un bon matin de juillet, il fait beau, dûment équipé de mon matériel pêche à la mouche, je décide de faire le ruisseau du Tamié. Mais avant j’ai l’habitude de donner un « coup » dans le ruisseau de Frontenex . C’est un ruisseau qui descend de la dent de Cons, passant par Frontenex (d’ou son nom) se jetant dans le ruisseau du Tamié au hameau le Villaret, prés de Faverge.

J’ai l’habitude, de pêcher ces ruisseaux de très de bonne heure, car je sais que les truites sont en activité à cette heure là. Il est à peu prés 7heures lorsque j’arrive au Villaret , garant ma voiture sur le pont enjambant le Saint Ruph, rapidement je suis à pied d’oeuvre dans la prairie longeant le ruisseau. Je monte en vitesse mon matériel de pêche à la mouche, petite canne de 8 pieds, soie légère, mouche araignée rousse, corps rouge.

Ce ruisseau est difficile, Les coups faciles sont limités à 3 sur le bas, je n’ai pas osé le pêcher plus haut dans les gorges, car les rochers son glissants !!! (1).

La pluie de la nuit a grossi un peu le cours d’eau, ce qui me déplais pas, il se peut qu’il y des remontées de truites en quête de nourriture!!! La transparence de l’eau me rassure, légèrement « cassée »(2), peut-être les truites sont encore entrain de se gaver de nourriture!!!

En remontant, je commence à prospecter en noyée sous le petit pont enjambant le ruisseau desservant les prairies voisines, canne haute je surveille mon bas ligne, un bref arrêt, je ferre avec délicatesse, bientôt une truite sautille sur la prairie, car j’ai l’habitude de les faire sauter lorsque le relief s’y-prête, une belle fario de 25 cm, ça commence bien, elles sont là!!!

J’arrive à l’entrée des gorges, là, une belle gouille encombrée de branches mortes amenées par les crues successives de ces derniers jours. Je regarde le coup avec attention, la façon de « l’attaquer », je remarque que les branches entassées, sont sèches dans la partie haute, j’en déduis que l’embâcle(3) est ancien. En regardant l’eau je vois une activité insolite pour moi, on dirait une frayère? Impossible à cet époque!!! une bonne douzaine dé truites tournent en rond dans la gouille et semblent gober je ne sais quoi? je suis abasourdi, je commence de pêcher au plus près des branches de l’embâcle, la mouche sitôt prise par un poisson de 26cm. Je veux en avoir le coeur net, après l’avoir tuée proprement, à l’aide de mon opinel, je lui ouvre le ventre, j’examine la poche stomacale, qui est remplie de pinces oreilles?…(3)

Voici le festin des truites!!!(4) je me dis » ces affamées se sont déplacées pour se nourrir, pourquoi se gêner lorsqu’on a un self service à sa disposition ». Effectivement en m’approchant au plus prés ,avec précaution pour ne pas « casser » le coup, j’aperçois sur l’amoncellement de branches, une multitude de ces insectes sortant du fagot de bois et tombant maladroits à l’eau, je suis perplexe, car les moeurs de ces bestioles me sont inconnus!!!

Qu’importe leurs moeurs, je choisi dans ma boite une imitation se rapprochant au plus prés des pinces-oreilles, une fourmi dépourvue d’ailes me semble la plus vraie.

Maintenant je pêche, et je sors les truites une à une, avec régularité, jusque’ au moment où ça ne gobe plus. Avant de partir, je compte mes prises qui s’élèvent à 9, de taille de 24 à 28 cm !!!

Trouvant ma pêche suffisante, je me retourne à ma voiture, et rentre chez moi, il est sept heures quarante cinq. C’est vrai qu’il y a pas mal d’années que ça s’est passé.

(1) Je suis tombé à l’eau plusieurs fois, ça a calmé mes ardeurs. (2) Eaux légèrement troubles.

(3) Insectes de l’ordre des dermaptères.

(4) Les truites procèdent par instinct, ce qui les font s’adapter à toute situation.

LIONEL ARNAUD

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