Chaque année les truites du lac d’Annecy remontent pour frayer dans les rivières, le Laudon à Saint -Jorioz est le principal cours d’eau où la remontée se fait. A l’époque l’association de pêche ne prélevait pas les géniteurs pour fabriquer les alevins à la pisciculture de la Puya.

Les remontées s’échelonnent du mois de novembre au mois de janvier suivant les conditions atmosphériques.

Pour rien au monde, je ne louperais ces moments mémorables, il m’arrivait d’ observer en simple badaud plusieurs fois, afin de connaitre le comportement des truites.

Dans le monde des pêcheurs, le bouche à oreille fonctionne bien, une rumeur faisait état de quelques truites qui ne dévalaient pas, elles restaient coincées sur les lieux de leur fraie.

Voulant avoir le coeur net, ce vendredi ,la veille de l’ouverture de la pêche en rivière, je me balade au bord du Laudon, aux eaux basses et transparentes, en examinant le premier bassin j’aperçois une truite qui tourne en rond, un peu en aval, une trouée dans la végétation me dit que c’est là que je pêcherai demain en toute discrétion.

Ce samedi jour de l’ouverture par beau temps, de très de bonne heure, (pour être le premier sur le coup), je gare ma voiture prés du pont de Monnetier . Armé de ma petite canne de 8 pieds, soie légère auto- flottante, bas ligne raccourci, mouche noyée orange partridge., je descends la rive gauche du Laudon dans la prairie longeant la rivière pour retrouver l’endroit repéré la veille.

En passant par la trouée de verdure, les pieds dans l’eau, je fouette dans le lit de la rivière pour atteindre le bassin en amont, qui est, peut être à 8 mètres. Le poser est parfait à l’aplomb de la petite cascade qui alimente la « gouille », pour permettre à l’artificielle de se noyer au bon endroit c’est à dire au milieu de la cuvette, en avalant la soie, canne haute, je contrôle, un bref arrêt, un léger ferrage, la truite est accrochée.

Maintenant je bataille pour la faire dévaler et l’amener dans mon épuisette, mais auparavant je veux la fatiguer, je me contente de la brider, c’est un poisson de plus de 90 centimètres, pas facile à bouger. Soudain, dans sa course effrénée, avec un saut au dessus de l’eau, mon bas de ligne avec un claquement sec casse, j’en suis tout marri!!!

Mon 12/100 n’a pas résisté, peut-être une erreur de ma part!!! (1) je remplace le bas de ligne par un nouveau au même diamètre et une nouvelle artificielle, je recommence à pêcher, sitôt dans l’eau sitôt pris, j’ai beau m’appliquer, deuxième casse. C’est là que je décide d’augmenter le diamètre de mon bas de ligne, un 18/100 fera l’affaire.

Je pêche dans les mêmes conditions, après plusieurs passage infructueux, j’en déduis que le la truite se méfie. Pour avoir le coeur net, je remets du 12/100 pour mon bas ligne, au premier passage, une touche, la truite est accrochée, cette fois- ci, elle part à toute vitesse ,sous la cascade sans problème pour moi, mon moulinet étant bien réglé c’est en voulant la décoller du fond, que mon nylon casse!!!. J’en déduis qu’elle doit voir le fil, je tente encore, pour confirmer mon analyse, je mets du 18/100, pas de touches!!!

Dépité, je plie bagage, je rentre à la maison. C’est vrai qu’il y a pas mal d’années que cela c’est passé. mon matériel de pêche n’était pas adapté, de plus les nylons n’étaient pas ceux d’aujourd’hui.

(1)Lorsque une truite ferrée bondit hors de l’eau,pour casser le bas de ligne il faut baisser la canne, en accompagnant sa retombée dans l’eau, afin d’éviter la rupture, il s’agit en général d’un poisson « éduqué ». Autre probabilité, l’artificielle très fortement engamée, c’est la douleur qui l’a fait sauter hors de l’eau!!!

LIONEL ARNAUD

Vous pourriez aussi aimer ce poste :

commentaires clos