Lors de nos séances de montage de mouches dans notre club, nous montons plutôt des mouches d’ensembles, c’est à dire des imitations se rapprochant le plus prés de la vérité, imitant en gros plusieurs insectes aquatiques, mais ce n’est pas suffisant pour le succès d’une bonne pêche,

il faut un bon équilibre pour la présentation de celle-ci à la surface de l’eau. En sèche c’est l’importance des cerques!!!
Qu’est-ce qui fait le succès d’une mouche artificielle ? Sa ressemblance avec un insecte naturel présent sur la rivière, mais aussi sa hauteur de flottaison, sa position sur l’eau et la possibilité de la faire draguer légèrement sans risquer de la déséquilibrer(1)
Une éclosion d’éphémères avec la position de l’insecte entrain de déplier ses ailes à la surface de l’eau est stable, car bien en appui sur ses pattes bien en équilibre, grâce à ces cerques est une bonne base pour s’envoler. Les éphémères disposent de deux ou trois cerques selon les espèces, ils servent de stabilisateurs un peu comme la queue des cerfs-volants. Cette utilité disparaît une fois que l’insecte est stabilisé, beaucoup d’éphémères relèvent l’abdomen lorsqu’elles se laissent dériver. Quelques variétés de baétides échappent à cette règle et se tiennent sur l’eau l’abdomen horizontal, mais c’est un détail de peu d’importance.
Sur nos artificielles, les cerques ont un rôle plus complexe. Ceci entraine une présentation faussée par rapport à la réalité souvent à l’origine de nombreux refus. Au moment de poser de la mouche, le pêcheur cherche à obtenir une chute naturelle sur les derniers centimètres. Rien de bien difficile: il suffit, en fin de lancer, quand la boucle terminale de la ligne s’ouvre au dessus de l’eau, de tirer d’un coup bref sur la soie pour accélérer le mouvement. L’artificielle bascule et passe en dessous de la ligne déployée puis tombe naturellement, mue uniquement par son poids. C’est ce qu’on appelle le poser « parachute ». L’araignée Puisqu’il s’agit de son montage, amerrit toujours dans la même position verticale, la collerette faisant office de frein. Les cerques sont d’une grande utilité: flotteurs d’appoint, ils rétablissent l’équilibre. La mouche bascule et se pose à plat sur l’eau.
Il est indéniable que la fixation des cerques lors de nos séances de montage est importante, la position de la courbure dépend des cerques, rebiquant trop haut par rapport à la hampe de l’hameçon, se traduira par une majorité de poser la courbure en bas, c’est à dire sous l’eau, bon pour les insectes entrain de pondre. Dans un autre cas de figure, des cerques montés obliques dans le plan de la courbure vers le bas suffisamment long pour maintenir l’hameçon hors de l’eau, bon pour insecte entrain d’éclore, un mini dragage est nécessaire pour déclencher l’attaque, mais à contrario la mouche peut basculer et se trouver l’envers, l’hameçon pointé vers le haut. Les cerques fixés dans le prolongement du corps semblent mieux convenir.
Un dernier conseil, tout commence par le graissage de la mouche(2). Le choix de la position sur l’eau est déterminé par cette opération anodine et pourtant essentielle. Pour tester l’équilibre d’une imitation, une fois le montage de la mouche terminée, lâchez là, sur une cuvette remplie d’eau d’une hauteur de 50 cm, vous verrez mieux son comportement .

(1)Ce mini dragage volontaire qui ressemble à une fuite impossible de l’insecte au contact de l’eau suffit souvent à déclencher l’attaque.)

(2) Une mouche, bien fournie en collerette, graissée en la plongeant dans un liquide spécial, flotte à plat, assez haut, sans aucune partie immergée. Le même graissage sur une araignée peu fournie donne une flottaison plus basse, souvent juste au-dessus de la surface.

LIONEL ARNAUD

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