D’après les statistiques, la moyenne des coups cassés lors d’une partie de pêche dans les torrents de notre région est de 50/100, à mon avis je dirais plutôt plus.(c’est une moyenne!!!)

Voici quelques conseils pour éviter cet inconvénient. Avec la pratique du no- kill le poisson a tendance à être toujours sur ses gardes. Nous avons la chance d’être pourvus de rivières tumultueuses, ce qui limite sérieusement l’alerte de la truite.
Le poisson dispose d’un arsenal important pour l’alerter et le faire fuir, tout d’abord la vision directe, le champ optique( surtout la truite ), couvre 240 degrés dans un champ horizontal ( devant ) et de 230 degrés dans le plan vertical (dessus).

La vision indirecte, vient parfaire son sens visuel, en dehors de la lucarne( cône de vision) la surface de l’eau présente l’aspect d’un miroir pour le poisson. Si ce film réfléchissant occulte complètement l’extérieur, elle permet à la truite d’observer tout ce qui se passe sous l’eau, cette glace au-dessus d’elle lui transmet une image inversée du fond, elle peut voir une chose que la vision directe lui révèle pas.

La vue directe ou indirecte, n’est que l’un des sens qui permettent au poisson de remarquer notre présence. Il dispose d’autres organes pour déceler un intrus, en particulier l’ouïe, ou plutôt le sens auditif, les poissons sont munis d’un dispositif interne qui remplit la même fonction que notre oreille. Mais ils ne perçoivent que les sons émis dans l’eau ou transmis du fond par le sol: le bruit de pas sur les graviers ou galets, son d’un objet cogné contre un pierre, éclaboussement par une chute dans l’eau etc. Les bruits provenant de l’extérieur, émis par l’air( par exemple la voix ) ne parviennent pas au poisson, certains sons, tel le bang d’un avion ou le tonnerre les mettent en émoi: pas en raison du bruit, mais par les vibrations transmises par l’eau.

Chez tous les poissons il y a une ligne latérale qui leur permet de percevoir des sons nés sous l’eau et les vibrations qui s’y propagent. Cette ligne latérale est constituée par une multitude de cavités microscopiques qui traversent les écailles avant de rejoindre un nerf que l’on peut qualifier d’auditif.
L’ouïe et la ligne latérale fonctionnent conjointement, il semblerait que ces sens permettent au poisson de s’orienter, à la manière d’un radar, grâce aux ondes renvoyées par le relief environnant.
(Je n’ai jamais vu une truite heurté un obstacle dans sa fuite!!!) A contrario, une intrusion dans cet espace sondé n’échappera pas au poisson. L’approche du pêcheur dans l’eau sera donc révélée à la truite, même lorsque celle -ci ne peut absolument rien voir, si le déplacement est très rapide provoquant une interférence dans son champ d’écoute.

Maintenant que nous connaissons les armes de nos truites, voyons ce q’on peut faire pour ne pas la mettre en éveil. et la faire fuir!!!

On constate que la truite ne voit pas directement vers l’arrière et en dessous, dans certains cas, on aura l’intérêt à attaquer un poisson par l’arrière (connu), à condition que l’on ne soit pas repéré trop vite depuis l’extérieur( par exemple, si l’on veut pêcher un coup dont la surface est très agitée par notre progression dans l’eau ).

Un pêcheur qui aborde prudemment un poste, si la progression est lente, l’attention du poisson sera insuffisante, surtout la vue des bottes pour provoquer sa fuite.(1)

La fidélité de la vision réfléchie est fonction de la transparence de l’eau, Lorsque la rivière est trouble, la vue du poisson se réduit à très peu de chose, légèrement opaque, elle diminue la portée de son champ d’investigation, la lenteur des mouvements du pêcheur est de mise malgré tout .
Dans un torrent, l’eau martèle en permanence les berges et le fond; de manière ininterrompue, le déplacement du pêcheur sera facilité, pas de risques., par contre sur une portion de rivière calme, au courant lent, il conviendra donc de progresser à pas feutrés, éviter si possible de rentrer dans l’eau.

La propagation des vaguelettes qui se forment à la surface dans un secteur calme lors de notre progression trahisse notre approche, si on ne peut faire autrement, il est recommandé de se mouvoir très lentement, de rester immobile sur place pendant quelques instants avant de pêcher.

Si nous ne prenons pas de précaution, notre présence est souvent révélée par des truites qui ont déguerpi, leurs réactions traduisent l’affolement qu’elles communiquent à d’autres poissons postés par là, et ça peut alerter une truite gobeuse à bonne distance, sur les rivières lentes, il conviendra donc de contourner un secteur inintéressant, afin d’éviter un sauf- qui- peut général. Il suffit de constater que les gobages se raréfient, c’est un signe que le coup est cassé.

Pour finir, la projection de notre ombre sur l’eau, et aussi que celle de la canne est néfaste,( avertissement aux pêcheurs à la roulette) car une silhouette sous l’eau sur toute sa profondeur, pourra se marquer sur le fond, lorsque la luminosité est bonne.

Lionel Arnaud

(1) J’ai en mémoire une grosse truite piquée par mes soins, échappant à mon contrôle, descendant la rivière, moi dans l’eau en aval, trouvant refuge contre ma botte droite.

Vous pourriez aussi aimer ce poste :

commentaires clos