Il est désespérant de pêcher pendant les journées chaudes de l’été, où les rivières semblent mortes, si on ne veut pas faire le coup du soir, à l’heure de grandes éclosions. Pour le pêcheur à la mouche sèche comme moi, pour ne pas pêcher en noyée ou en nymphe, j’ai adopté une méthode connue, qui me vient de mon cousin bon moucheur.

Il est indéniable que les truites sont là, en poste, à l’ombre des buissons ou dans les profonds, au frais, prêtes à gober.

Le pêcheur en mouche sèche à la solution en « tapant » l’eau, en faisant dériver une artificielle là où est supposée se tenir une truite, il suffit de pêcher en marchant dans l’eau( mais attention avec précaution ), en se tenant le plus près possible de la berge, choisir la rive la plus profonde et le plus encombrée en végétation. Si un chemin ou une route suit le cours d’eau, il y a toutes les chances que les truites soient en poste de l’autre coté!!! Par contre sur le parcours, on peut changer de rive si les coups sont plus intéressants sur l’autre berge. Avec un bas de ligne raccourci, une canne de 8 à 9 pieds, nous sommes prêts pour cette pêche.

C’est là, l’utilité du lancer en revers pour remonter le courant, si l’on pratique mal ce lancer, il vaut mieux pêcher, en descendant !!!

Le choix des artificielles pour  » taper  » l’eau est assez simple, privilégier les grandes tailles très flottantes, le poisson n’est pas vraiment sélectif, vu le manque d’éclosions, phryganes, tavans(taons), palmers, sauterelles, guêpes donnent de bons résultats, même chenilles, si c’est refusé, on peut essayer d’autres modèles d’un type différent et plus petits.

En remontant le courant au bord de la rive à prospecter, il est inutile de lancer loin: huit à dix mètres suffit, pour ça, avancer sans bruit et lancer avec le minimum de faux jets.

Quand il n’y a pas d’éclosion, la truite postée se tient le plus souvent à la limite de la zone d’ombre d’un buisson, de la berge, d’un rocher et de la lumière. Avec un peu d’habitude, on la distingue très bien, ce qui facilite le posé. Dans le cas inverse, il faut laisser l’artificielle dériver le plus près possible de cette frontière d’ombre et de lumière.

Inconvénient de cette technique, c’est le risque d’accrochage dans les branches, il n’y a pas d’hésitation, il faut sacrifier sa mouche en tirant en bout sur la ligne, c’est la pointe du bas de ligne qui casse, la mouche accrochée sera récupérée après que le coup ait été bien prospecté avec une nouvelle artificielle.(D’ou l’utilité d’avoir une micro- boucle sur le bas de ligne, avant le brin le plus fin)

Une truite qui gobe une proie dérivant sous un buisson, est tellement sûre d’elle, qu’elle ne se presse jamais pour le faire, elle monte lentement et aspire la mouche, dans un remous d’autant plus discret que le poisson est gros. C’est un moment crucial, car il faut savoir attendre un peu pour ferrer, le temps que le poisson se retourne avec la mouche dans la gueule.

La truite accrochée, ne prend pas le large, mais tente de gagner un abri et s’enfiler profondément sous les branches ou sous un rocher. Ce qu’elle fait très bien, si elle n’est pas bridée immédiatement. Cela se fait en maintenant la ligne tendue et la canne haute, dés que le poisson manifeste une hésitation, en couchant la canne sur le coté, on arrive à la déséquilibrer et l’obliger à gagner le large.

Que l’on pratique en remontant ou descendant le courant, le combat qui suit est classique. Mais attention. à la vue de l’épuisette, la truite a une réaction brutale, vous passe entre les jambes(ça m’est arrivé) et tente de nouveau de filer sous les branches, d’où l’utilité de ne jamais utiliser une pointe de bas de ligne inférieure à 14/100, sinon, c’est la casse!!!

Taper l’eau, quand il n’y a pas d’éclosions est toujours une pêche qui réserve des surprises, c ‘est souvent ainsi que l’on fait les plus belles prises.

LIONEL ARNAUD

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